François-Frédéric Guy et l'année Liszt

Grand interprète de Beethoven, le pianiste français
François-Frédéric Guy a décidé cette saison de fêter Franz Liszt, bicentenaire oblige !
En ce mois de juin 2011, il a joué les Harmonies poétiques et religieuses du compositeur hongrois à Lyon et à Lille, la fameuse Sonate en si mineur au Festival de Nohant et le Deuxième concerto pour piano et orchestre de Liszt sous la direction de Jean-Claude Casadesus dans le cadre de « Lille Pianos Festival ».
Le 25 juin, François-Frédéric Guy sera en Belgique dans les Harmonies poétiques et religieuses, magnifique cycle pour piano dont il donnera des extraits lors de son récital
à Colmar le 13 juillet prochain.
Chapelle Saint-Pierre à 18h15. Egalement au programme : Beethoven : la Sonate « Pathétique ».
Bedrich Smetana (1824-1884) et son Quatuor à cordes n°1« De ma vie »

Chef de file du « nationalisme musical » tchèque, auteur du fameux poème symphonique Ma Patrie, Smetana reste encore aujourd’hui injustement moins bien connu en France que son compatriote Antonin Dvorak. Rentrant à Prague de son exil doré en Suède en 1861, Smetana devient le porte-parole de la musique tchèque en révolte contre « l’oppression » de la culture autrichienne et germanique. En puisant dans les légendes et l’histoire de son vieux pays, il parvient à jeter les bases d’un style musical à la fois profondément national et universel.
La vie de Smetana fut une succession de tragédies : il perd trois de ses filles, sa femme meurt prématurément de tuberculose et, en 1874, il devient totalement sourd, se retranchant dès lors dans la plus complète solitude. A 52 ans, il se réfugie dans la composition d’une œuvre autobiographique, presque impudique, son Quatuor à cordes en mi mineur , intitulé « De ma vie », qu’il achève le 29 décembre 1879.
Cette « autobiographie musicale » est intentionnellement écrite pour un quatuor à cordes : Smetana affirme d’ailleurs dans une lettre que les membres du quatuor « doivent s’entretenir comme on le ferait dans un cercle d'amis, rien de plus... ». Le musicien nous y révèle également quelques clés de son œuvre : « Ce que j’ai voulu faire, c’est retracer en musique le déroulement de ma vie. Premier mouvement : le goût pour l’art dans ma jeunesse, une atmosphère romantique, une nostalgie indicible... Puis, dès le prologue, l’avertissement du malheur futur, et la note mi du finale longtemps tenue, c’est le sifflet funeste et strident qui s’est déclenché dans mes oreilles en 1874, marquant le début de ma surdité. Le deuxième mouvement - quasi polka- me transporte à nouveau dans le tourbillon joyeux de ma jeunesse, alors que je composais une multitude de danses tchèques et que j'avais moi-même une réputation de danseur infatigable. Le troisième mouvement est une évocation de mon premier amour pour celle qui devint ma première épouse. La quatrième, est la prise de conscience de la réelle force d’une musique nationale, période de joie, jusqu’au moment de l’interruption brutale, provoqué par la surdité... ».
Héritière des derniers Quatuors à cordes de Beethoven (compositeur avec lequel le musicien tchèque partage le fait de souffrir de surdité !), la partition de Smetana, sous sa forme de « journal-intime », influencera durablement la musique de chambre. Pensons à Leos Janacek et ses deux Quatuors à cordes, dont les célèbres « Lettes intimes », mais aussi à Alban Berg et sa Suite lyrique...
Le Quatuor Prazak jouera ce chef-d’œuvre de Smetana
le 9 juillet 2011 à la Chapelle Saint-Pierre à 18h15.
Egalement au programme, le Quintette en fa mineur opus 34 de Brahms avec le pianiste
Nicolas Bringuier .