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Hommage à Jascha Heifetz

Hommage à Jascha Heifetz

Du 5 au 14 juillet 2016, le Festival international de Colmar rend hommage à Jascha Heifetz (1901-1987), violoniste virtuose et l’un des plus grands musiciens de son temps. A la fois d’une précision diabolique et d’une intensité fascinante, son style a fondé, avec celui de ses collègues Menuhin ou Oistrakh, l’école de violon du XXe siècle. Né en Lituanie, formé très sévèrement par son père, il a connu ses premiers triomphes d’enfant prodige dans la Russie de Nicolas II. Là, il a étudié avec Leopold Auer, célèbre pédagogue et dédicataire des concertos de Tchaikovski et Glazounov.

Vladimir Spivakov, directeur artistique du Festival, est d’ailleurs un des héritiers de cette riche tradition puisque ses professeurs avaient eux-mêmes étudié avec Auer ou ses premiers disciples. Après la Russie, Heifetz conquit l’Allemagne, où il fit l’admiration de Fritz Kreisler. A la révolution, il décida de partir pour l’Amérique et il y arriva précédé d’une réputation flatteuse. Son premier concert au Carnegie Hall de New York, le 27 octobre 1917, fit l’effet d’une bombe et le sacra d’emblée premier violoniste de l’époque.

Avec le temps, les pièces virtuoses laissèrent la place aux chefs-d’œuvre du répertoire et Heifetz s’affirma comme un grand interprète de Bach, Beethoven, Brahms ou Franck. Naturalisé américain en 1925, il a fait une carrière mondiale et a joué sous la direction des plus grands chefs (Toscanini, Reiner, Szell, Munch…). Il aurait pu passer sa vie à briller seul mais il avait une passion pour la musique de chambre et il a cultivé quelques amitiés musicales légendaires avec Arthur Rubinstein ou Gregor Piatigorsky. Il eut également la passion de l’enseignement. Son répertoire allait de Vivaldi et Mozart à Prokofiev et Poulenc.

Il a également créé les concertos de Korngold et Walton. Mais il était tout autant fasciné par le jazz et noua une belle amitié avec George Gershwin, trop tôt disparu, et qui lui avait promis un concerto. Cet éclectisme, son imposante discographie en porte la marque et Heifetz n’a pas cessé d’enregistrer, des premières années russes jusqu’aux années 1970. Un peu comme Rachmaninov, c’est un personnage apparemment austère et intimidant. Ses nombreux portraits révèlent un visage concentré et sombre, à l’opposé du sourire si lumineux d’un Menuhin. Mais il suffit d’entendre le son d’Heifetz, vibrant, intense, brûlant, pour que le marbre s’anime et que l’artiste apparaisse flamboyant. Place donc à l’esprit toujours neuf de Jascha Heifetz !