bandeau web colmar

Archives

Edna Stern sera à l'affiche de la future saison de l'Orchestre National de France !

edna_stern.jpgLa pianiste Edna Stern, qui a été acclamée à Colmar aux festivals 2006 et 2007, sera à l'affiche de la future saison de l'Orchestre National de France dans le Triple concerto de Mozart.
Au festival 2008, cette magnifique musicienne proposera avec Ophélie Gaillard un programme de sonates pour violoncelle et piano (Debussy, Chostakovitch, Brahms) dans le cadre des "midis musicaux" au Koïfhus (le samedi 5 juillet à 12.30).

 

 

 

Les collections de Mstislav Rostropovitch exposées à Saint-Pétersbourg

rostropovich_portrait.jpgLes œuvres d'art russe, rassemblées par Mstislav Rostropovitch et son épouse, la cantatrice Galina Vishnevskaya pendant plus de trente ans, avaient failli être dispersées aux enchères après le décès de l'illustre violoncelliste en avril 2007. L'intégralité de cette exceptionnelle collection a été acheté pour quelques 47 millions d'euros par un richissime oligarque russe ... qui en a fait don à l'état russe. Désormais, la collection Rostropovitch est exposée près de Saint-Pétersbourg, dans le Palais Konstantin, que Vladimir Poutine avait fait restauré.

 

Gautier Capuçon / Ophélie Gaillard - Violoncelle "superstars" ...

gautier__capuon_m.tammaro_virgin_classics.jpgophelie_gaillard2.JPGDe jeune prodige, Gautier Capuçon est devenu un violoncelliste confirmé, acclamé par les médias et le public. Le jeudi 5 juin, il participera, aux côtés, entre autres, de son frère aîné, le violoniste Renaud Capuçon, du pinaiste Frank Braley et du clarinettiste Paul Meyer, au concert très original (Mozart-Bruckner), proposé dans la célèbre basilique de Saint Denis.Toujours au festival de Saint Denis, la violoncelliste Ophélie Gaillard dirigera, le 20 juin, son nouvel ensemble baroque Pulcinella dans un programme "tout Vivaldi" (concertos, Nisi Dominus et Salve Regina) . Ne manquez pas ces remarquables musiciens au Festival de Colmar 2008 ! Gautier Capuçon fera l'ouverture du festival 2008, dédié au violoncelle, dans le Premier concerto de Haydn (le 2 juillet à 21h, église Saint Matthieu), puis jouera, aux côtés de Vladimir Spivakov au violon et d'Hélène Mercier au piano un programme de musique de chambre Prokofiev-Chostakovitch (le 3 juillet à 18h15 à la Chapelle Saint Pierre).

Quant à Ophélie Gaillard, elle sera à Colmar avec la pianiste Edna Stern dans le cadre des "midis musicaux" au Koïfhus le samedi 5 juillet (salle Roesselmann, à 12h30). Au programme : Debussy, Chostakovitch, Brahms et la création mondiale des "Ellipses" pour violoncelle seul de Karol Beffa !
 

Coup de cœur : Le Deuxième quatuor à cordes d'Alexandre Borodine

Borodin.jpgMembre éminent du fameux Groupe des Cinq aux côtés de Moussorgski, Alexandre Borodine est surtout connu en Occident grâce à son chef-d’œuvre, l’opéra Le Prince Igor (achevé - par Rimski-Korsakov ! - au terme de dix-huit ans de travail), sa Deuxième symphonie et son esquisse symphonique Dans les steppes de l’Asie Centrale. Ses quatuors à cordes, tout comme ses mélodies, laissés dans l’ombre, méritent incontestablement une « réhabilitation ».

Le destin de ce compositeur atypique est digne d’un film hollywoodien : fils naturel d’un prince caucasien et d’une actrice, il apprend la musique en autodidacte. Diplômé de la Faculté de médecine de Saint-Pétersbourg, il s’engage dans l’armée, mais, d’une nature particulièrement sensible, s’évanouit… dès qu’il est amené à soigner les blessés ! Borodine quitte alors l’hôpital et devient professeur de chimie à l’Académie militaire. Dès lors, son existence se déroule sans histoire, partagée entre ses cours, sa famille et ses nombreux amis. Il se considère lui-même comme un musicien amateur, avouant que les mélodies naissent spontanément dans son imagination… Lorsque Borodine rencontre Franz Liszt à Magdebourg en 1881, il se présente comme un « compositeur de dimanche ». Liszt lui répond alors, en signe d’encouragement pour ses activités musicales, que… « dimanche est toujours un jour de fête » ! Borodine meurt subitement, à l’âge de 54 ans, d’une rupture d’anévrisme, au cours d’un bal costumé qu’il a organisé dans sa magnifique demeure.

Habité par une insatiable imagination mélodique, Borodine compose, à ses heures perdues, trois symphonies, seize admirables mélodies, une Petite suite pour piano, ainsi que deux quatuors à cordes qui comptent parmi les plus belles réussites de la musique de chambre russe du 19e siècle !

Au sein du Groupe des Cinq, où dominent les prises de positions nationalistes et russophiles, la question des quatuors à cordes (genre occidental par excellence !) est loin de faire l’unanimité. Borodine rapporte dans une lettre de 1875 que Moussorgski lui a fait part de leur « sentiment d’horreur » (sic !) en apprenant qu’il composait un quatuor à cordes. La question du quatuor ne pouvait être que conflictuel pour des musiciens dont le but affiché était d’affirmer la spécificité de l’identité russe ! Plus encore que la symphonie, le quatuor représentait pour eux le modèle viennois et l’emblème de la musique occidentale !

La partition du Deuxième quatuor est portée par un véritable élan lyrique, hérité de la grande tradition mélodique russe : l’auditeur est d’emblée séduit par la variété de couleurs, et Borodine nous prouve ici qu’il maîtrise parfaitement l’art délicat de la nuance et de la demi-teinte. L’œuvre est dédiée à la femme du compositeur, Ekaterina Protopopova. La partition évoque, semble-t-il, le vingtième anniversaire de leur romantique rencontre, en 1861, à Heidelberg, où Borodine faisait ses études de médecine. Selon l’un des biographes russes de Borodine, le Quatuor en ré majeur serait même une sorte de morceau « à programme » et le fameux Notturno correspondrait à la scène de la déclaration d’amour et de demande en mariage !

Le vendredi 11 juillet 2008, Chapelle Saint Pierre à 18h15, Quatuor à cordes Kopelman (également au programme le Troisième quatuor de Chostakovitch).
 

Coup de projecteur : Britten et Chostakovitch réunis pour l'ouverture du Festival 2008

shostakovich460_Photograph_Ria_Novosti.jpgQuel est le point commun entre Astor Piazzolla et Henri Dutilleux ?... En fait, ils ont tous les deux écrit des œuvres pour Mstislav Rostropovitch. D’une insatiable curiosité, ce musicien hors norme a collaboré avec pratiquement tous les compositeurs importants de la deuxième moitié du 20ème siècle ! « Je crois que l’aide principale que j’ai apportée aux violoncellistes, c’est d’avoir notoirement élargi notre répertoire : Chostakovitch, Britten, Prokofiev, Dutilleux, Lutoslawski, Penderecki, Schnittke, ont écrit pour moi…Comment se cantonner au répertoire classique quand on côtoie les meilleurs compositeurs de son époque ? J’ai renoncé à composer, mais pas à participer à la musique de mon temps ! », disait-il avec une certaine malice.

Une longue amitié et une collaboration artistique unique dans les annales de l’histoire de la musique du 20e siècle lient Dmitri Chostakovitch et Mstislav Rostropovitch. Leur première rencontre a eu lie en 1943 : « J’avais seize ans et je venais d’intégrer le Conservatoire de Moscou, se souvenait Rostropovitch. J’ai alors travaillé dans la classe d’orchestration de Chostakovitch. Imaginez l’excitation d’un débutant comme moi de se retrouver élève du plus grand compositeur du pays ! Cette rencontre fut déterminante. En côtoyant un tel génie, je me suis rendu compte que je n’avais pas le talent pour être compositeur, je suis donc devenu violoncelliste ! Nous sommes devenus très proches et c’est l’une des plus grandes fiertés de ma vie ! »

Bien des années plus tard, en 1960, Mstislav Rostropovitch rencontre Benjamin Britten à Londres… Le 2 juillet 2008, le concert d’ouverture du 20ème festival réunit donc, en toute logique, la musique de deux de ses amis proches, Chostakovitch et Britten, compositeurs qui comptent parmi les créateurs les plus marquants du 20e siècle et qui se sont rencontrés au début des années 1960… grâce à Mstislav Rostropovitch !

Au programme du concert d’ouverture : la Symphonie de chambre de Chostakovitch (d’après son Huitième quatuor à cordes) et le chef d’œuvre vocal de Britten, le cycle Illuminations de Britten, confié à la voix céleste du célèbre ténor britannique Ian Bostridge .
 

"La nouvelle génération des violoncellistes français est somptueuse !"

ophelie_gaillard.jpgLe numéro du mois de juin de la revue musicale "Diapason" consacre un conséquent dossier àfrancois_salque_couleurs-20.jpg l'école française de violoncelle. Une dizaine d'artistes de 25 à 40 ans "se dispute les faveurs du public et des discophiles. Incontestablement, jamais la France n'aura compté autant de solistes réputés dans cette discipline!", écrit "Diapason".
A quelques exceptions près, le Festival de Colmar a accueilli ou va accueillir en 2008 les violoncellistes cités dans le dossier : Anne Gastinel, Emmanuelle Bertrand, Ophélie Gaillard, Henri Demarquette, Gautier Capuçon, Xavier Phillips, François Salque...
En 2008, année du violoncelle à Colmar, vous pourrez entendre la fine fleur des violoncellistes français dans pas moins de six concerts :

Ophélie Gaillard - le 5 juillet à 12.30
François Salque - le 4 juillet à 21h
Gautier Capuçon - le 2 juillet à 21h et le 3 juillet à 18.15
Xavier Phillips -le 11 juillet à 21h et le 12 juillet à 12.30.

 

Les "Virtuoses de Moscou" fêtent leur trente ans d'existence !

virtuoses-moscou_couleurs.jpg Au mois de mai 2008, l'orchestre de chambre des "Virtuoses de Moscou" a effectué une grande tournée "anniversaire" aux Etats-Unis et au Canada pour célébrer leur trente ans d'existence. Après Seattle,, Washington, Vancouver et Philadelphie, l'orchestre s'est produit avec succès à New York sous la direction de son directeur musical Vladimir Spivakov.
La presse nord-américaine a unanimement salué la remarquable qualité de cet ensembl
fondé par Vladimir Spivakov en 1979. "Les Virtuoses de Moscou" seront de retour à Colmar en 2008 pour quatre concerts :

les 2, 3 & 4 juillet à Saint Matthieu à 21h., ainsi que le 5 juillet à 18h15 à la Chapelle Saint Pierre.
 

Gautier Capuçon, le violoncelle français à bonne école...

g.capucon5m.tammaro_virgin_classics.jpgFormé par Philippe Muller au Conservatoire de Paris, puis par Heinrich Schiff à Vienne, Gautier Capuçon compte assurément parmi les étoiles montantes du violoncelle français. Très tôt, son jeu expressif et chaleureux le fait remarquer par les plus grands, comme Martha Argerich ou Milkhail Pletnev, et sa discographie est particulièrement riche, compte tenu de son âge...
Gautier Capuçon se produit régulièrement avec son frère aîné, le violoniste Renaud Capuçon, et l'on pourra les entendre dans demain, le jeudi 29 mai, au Festival de l'Auvers-sur-Oise dans un programme à l'éclectisme assumé, où se côtoient les oeuvres de Bach, Kodaly, Ravel, Bartok et de ... Karol Beffa !

A Colmar, Gautier Capuçon sera en 2008 le soliste du concert d'ouverture (le 2 juillet à l'église Saint Matthieu à 21h), où il jouera, sous la direction de Vladimir Spivakov, le Premier concerto pour violoncelle et orchestre de Haydn, oeuvre qu'avait jadis interpétée au Festival de Colmar en 1996 Mstislav Rostropovitch.

Par ailleurs, Gautier Capuçon donnera - avec Vladimir Spivakov au violon et Hélène Mercier au piano - un concert de musique de chambre le 3 juillet à 18h15 à la Chapelle Saint Pierre avec, au programme, la Sonate pour violoncelle et piano de Prokofiev (écrite pour Rostropovitch), ainsi que le célèbre Deuxième trio opus 67 de Chostakovitch.

 

 

L'âme du violoncelle...

francois_salque_couleurs-20.jpgxavier-phillips1.jpgLes violoncellistes français qui participent au 20ème festival de Colmar seront à l'honneur au cours la saison 2008-2009 : Xavier Phillips aura, entre autres,  "carte blanche" à l'Auditorium du Musée d'Orsay, alors que François Salque sera le soliste invité de l'Ensemble Orchestral de Paris.
Ne manquez pas François Salque dans la version orchestrale de la célèbre Sonate Arpeggione de Schubert le 4 juillet 2008 (à 21h. à l'église Saint Matthieu) sous la baguette de Vladimir Spivakov et Xavier Phillips dans le non moins célèbre Concerto pour violoncelle de Dvorak le 11 juillet à 21h. avec le National Philharmonique de Russie placé sous la direction de Ion Marin !

 

Pavel Sporcl et son violon bleu...

p._sporcl_1.jpgAdulé dans son pays natal, Pavel Sporcl s'est imposé en quelques disques - unanimement salués par l'ensemble de la presse musicale internationale -  comme l'un des meilleurs violonistes de sa génération. Il vient de sortir chez Supraphon un nouvel album qui contient les incontournables Quatre saisons de Vivaldi, ainsi que le Concerto pour deux violons de Bach, où il joue... les deux parties solistiques ! A la rentée 2008, Pavel Sporcl va graver avec l'Orchestre symphonique de Prague le Concerto pour violon de Korngold. Par ailleurs, le 1er août, le violoniste tchèque sera l'invité du pianiste russe Nicolay Lugansky au festival international de La Roque d'Anthéron.Dans le cadre de la "carte blanche" de Lugansky, Pavel Sporcl y interprètera les pièces de Rachmaninov et de Massenet, sans oublier son compatriote, le violoniste et compositeur tchèque Josef Suk. Depuis peu, Pavel Sporcl a choisi de jouer  sur un violon ... de couleur bleue. Cet instrument qui possède une sonorité exceptionnelle reste pourtant un violon parfaitement "classique" ! Vous pouvez entendre Pavel Sporcl dans les Quatre Pièces pour violon et piano de Josef Suk, ainsi que dans le célèbre "Trio à l'Archiduc" de Beethoven le 4 juillet 2008, dans le cadre des "midis musicaux" du Festival de Colmar au Köifhus. 
 

Le violoncelliste Gavriel Lipkind à Anvers

gavriel_lipkind2.JPGLa presse anversoise n'a pas hésité à titrer que c'était :

"Le plus beau concert de violoncelle" de l'année donné par un jeune violoncelliste Israélien.

Voici un extrait de l'article publié il y a quelques jours :

"L’une des plus grandes qualités de Lipkind est celle de combiner la spécialisation à un très haut niveau et l’art de communiquer de façon parfaitement libre. Mercredi soir, Lipkind était invité pour un récital en l’église Saint-Augustin à Anvers.

Il est presque impossible de mieux jouer du violoncelle que lui.

Depuis l’époque où il était considéré comme un enfant prodige, il a déjà à son actif une carrière extraordinaire. Nous n’avons jamais entendu de meilleure performance « live » au violoncelle.

Intense, précis , de bon goût et d’un style élégant. Viril mais fragile. Imposant sans être dominant. Avec assurance tout en restant humble. Ceci est particulièrement rare pour un récital où l’artiste introduit les œuvres qu’il interprète. Un conseil, aller écouter Lipkind lors de son prochain passage ! "

Gavril Lipkind joue à Colmar dans le cadre des "midis musicaux" le 4 juillet 2008 à 12.30 au Koïfhus

(au programme le Grand Tango de Piazzolla et le "Trio à l'Archiduc" de Beethoven).

 

Le violoncelle dans tous ses états...

tatiana_vassilieva_couleurs.jpgDu 16 au 21 mai, les 16ème Rencontres d'ensembles de violoncelles de Beauvais mettent à giorgi_kharadze_photo_fabrice_vallon_.jpgl'honneur ce magnifique instrument. Le concert d'ouverture accueille le jeune violoncelliste de 23 and dont on n'a pas fini de parler: Giorgi Kharadze. En compagnie du corniste André Cazalet et du clarinettiste Nicolas Baldeyrou que le Festival de Colmar a accueillis par le passé, Giorgi Kharadze proposera un "cocktail" Beethoven et Brahms, puis, le lendemain, des pièces pour violoncelle seul écrites par son compatriote, le compositeur géorgien Tzinsadze.

C'est dans un répertoire bien plus classique - le Deuxième concerto pour violoncelle et orchestre de Haydn - que ce talentueux musicien, lauréat du Concours Rostropovitch 2005 et vainqueur du Concours Feuerman 2006, se produira au 20ème festival de Colmar (jeudi 3 juillet à 21h, église Saint Matthieu avec les "Virtuoses de Moscou" sous la baguette de Vladimir Spivakov).

Le dimanche 18 mai, le Musée de l'Oise proposera dans le cadre de ces Rencontres de violoncelles un concert de Tatiana Vassilieva dans un programme mêlant les œuvres romantiques de Schumann et Brahms avec des pièces contemporaines. Bien connue des festivaliers, la remarquable violoncelliste russe, grand prix du concours Rostropovitch en 2001 et "révélation" des Victoires de la musique en 2003, revient pour la troisième fois à Colmar avec deux concerts : un récital Bach-Dutilleux le jeudi 10 juillet au Koïfhus (dans le cadre des "midis musicaux") et le samedi 12 juillet à 21h à l'église Saint Matthieu, où elle jouera aux côtés de Vladimir Spivakov au violon le célèbre Double concerto de Brahms sous la baguette de Ion Marin à la tête du National Philharmonique de Russie..

 

Mstislav Rostropovitch et Galina Vishnevskaya, ou la vie rêvée des artistes soviétiques « officiels

467px-mstislav_rostropovich_and_galina_vishnevskaya.jpgA l’instar d’autres « exilés » soviétiques célèbres (de Chaliapine à Nouréev, sans oublier Kondrashin ou Ashkenazy), Mstislav Rostropovitch et son épouse, la « diva » du Bolchoï, la grande soprano russe Galina Vishnevskaya sont passés du statut très enviable d’artiste du peuple soviétique, couvert d’honneur à celui de « paria »… Les mémoires de Galina Vishnevskaya, tout comme les nombreuses interviews de Rostropovitch, évoquent en détails ces pratiques, difficilement compréhensibles pour les Occidentaux, où le nom d’un chanteur pouvait disparaître des pochettes de disques ou des programmes, où les concerts et les tournées des musiciens pouvaient être annulés sans aucune raison valable.

 

Encore plus mystérieuses aux yeux des Occidentaux étaient les contraintes imposées aux artistes soviétiques dans leurs contacts avec les « étrangers ». Quand Benjamin Britten, ami et admirateur du couple Rostropovitch, écrit pour Galina la partie soprano de son magnifique War Requiem, la cantatrice est convoquée à Moscou dans le bureau de la toute puissante Ministre de la Culture Furtseva. « La situation à Berlin exige une extrême vigilance ! » - déclare-t-elle (nous sommes en 1961). « Comment une citoyenne soviétique pourra se présenter sur scène aux côtés d’un Allemand et d’un Anglais ? » L’intervention insistante de Britten n’arrivera pas à faire lever l’interdiction, et même la venue de la reine d’Angleterre ne fera pas fléchir les implacables autorités soviétiques : Galina Vishnevskaya ne chantera pas lors de la création de l’œuvre composée à son intention ! Rostropovitch, quant à lui, a eu plus de chance : il a pu assurer, sans être confronté aux ires de la censure de son pays, la création des trois Suites pour violoncelle seul, de la Sonate et de la Cello Symphony de son ami Britten qui lui étaient dédiées.

 

Le programme du 20e festival, dédié au grand violoncelliste russe, évoque, en filigrane, les liens d’amitié exceptionnels qui l’ont lié aux plus grands compositeurs de son temps : Britten, Dutilleux, Prokofiev et Chostakovitch, pour n’en citer que quelques uns. Le concert d’ouverture par exemple, réunit, en toute logique, la musique de deux de ses amis proches, Chostakovitch et Britten, compositeurs majeurs qui comptent parmi les créateurs les plus marquants du 20e siècle et qui se sont rencontrés au début des années 1960… grâce à Mstislav Rostropovitch !

 

La collaboration artistique du couple Rostropovitch avec Dmitri Chostakovitch sera également évoquée au travers d’extraits de son opéra de Katerina Izmailova. Galina Vishnevskaya a été l’une des meilleures interprètes du rôle titre, rôle qu’elle a par ailleurs incarné dans le film tourné en 1965 d’après l’œuvre de Chostakovitch. Le tournage de ce film (qui reste un témoignage aussi précieux qu’indispensable sur l’art lyrique de la soprano) a donné lieu à des situations ubuesques, très édifiantes pour ceux qui voudraient comprendre le rôle que jouait le régime soviétique dans le domaine de la culture.

 

Le tournage de ce film-opéra s’est déroulé à Leningrad et, à l’exception de Vishnevskaya, tous les rôles étaient tenus par des acteurs, doublés par la suite par des chanteurs. Afin de ne pas « débaucher » les bâtisseurs du communisme, en leur offrant la tentation de « plaisirs terrestres » (l’opéra de Chostakovitch parle de passion, d’adultère et de meurtre), on tourne la scène d’amour « torride » sous un pommier en fleur en demandant à Galina Vishnevskaya de bien couvrir ses épaules et ses avant-bras et à l’acteur jouant le rôle de son amant de boutonner sa chemise ! Lorsque le film est sorti, Galina Vishnevskaya a reçu des dizaines de lettres de citoyens « indignés » lui reprochant d’avoir participé à un film où l’on voyait une femme au lit avec un homme : « comment une célèbre artiste et une mère de famille pouvait se montrer d’une façon aussi dévergondée ? », s’interrogeait un camarade particulièrement à cheval sur la vertu…

 

Parfois, les artistes soviétiques devaient « payer », bien malgré eux, pour des « crimes » qu’ils n’avaient pas commis… Parmi quelques concerts mémorables au cours desquels Rostropovitch a joué le Concerto pour violoncelle de Dvorak, l’une de ses œuvres fétiches, figure une soirée très particulière qui a eu lieu à Londres le 21 aout 1968. Ce concert devait inaugurer un Festival d’art soviétique en Grande Bretagne, alors que venait d’avoir lieu l’invasion de la Tchécoslovaquie… Dans ses mémoires, Galina Vishnevskaya se souvient : « Nous ne parvenions pas à croire que l’invasion avait effectivement eu lieu… Slava tournait dans la chambre d’hôtel comme un fou : « Quelle honte ! Les criminels ! Jamais, je n’oserai paraître sur scène ce soir… J’ai trop honte ! »

 

Quelques heures plus tard, il était sur la scène du gigantesque Albert Hall. Dans la rue, une tumultueuse manifestation faisait rage. Dans la salle, six mille spectateurs ont salué l’arrivée des musiciens soviétiques par des cris, des martèlements de pieds et des sifflets prolongés. Le public refusait de laisser le concert commencer.

 

Slava, pâle et défait, donnait l’impression de marcher à l’échafaud… J’ai fermé les yeux en me recroquevillant dans ma loge. L’assistance a fini par se calmer et la musique de Dvorak s’est élevée, telle un requiem pour le peuple tchèque. Les larmes aux yeux, Rostropovitch s’est adressé aux gens à travers la voix de son violoncelle. Subjugué, le public écoutait l’aveu de ce grand artiste qui se fondait, par l’intermédiaire de la musique de Dvorak, avec l’âme du peuple opprimé, souffrant pour les tchèques, priant pour eux, leur demandant pardon… Je pense que toutes les personnes présentent à ce concert n’oublieront pas ces instants ! » Dans l’une de ses interviews, Rostropovitch ajoutait qu’en jouant ce soir-là le Concerto de Dvorak à Londres il voyait, à travers ses larmes, la mort envahir les rues de Prague, ville qu’il aimait tant…

 

Nos coups de cœur : la virtuosité au service de la Musique

buzlov3.jpgLa question de la virtuosité revient de plus en plus souvent sur le devant de la scène… La multiplication des concours, tout comme l’évolution des goûts du public, ont augmenté la pression exercée sur les jeunes interprètes quant à leurs performances « techniques »… Rappelons pourtant, les rapports entre virtuosité et interprétation ont depuis toujours préoccupé tous les musiciens : « quand j’étais jeune, expliquait Mstislav Rostropovitch, je jouais très vite. J’étais la « Formule 1 » des violoncellistes ! Un jour, un collègue m’a dit que cette virtuosité était bien belle, mais que je n’avais pas de son… Alors, je me suis mis à écraser les cordes et à en sortir une sonorité d’orgue. C’est Prokofiev qui m’a sauvé de cet exhibitionnisme : « le bon goût musical du public n’est pas inné, m’a-t-il dit, il faut s’en occuper tous les jours, comme on se brosse les dents. Pensez davantage à cela qu’à la gloriole ! »

 

giorgi_kharadze_photo_fabrice_vallon_.jpgNous avons voulu réunir cette année à Colmar quelques très jeunes musiciens (ils ont tous moins de 25 ans !), particulièrement brillants et virtuoses, et qui arrivent cependant, nous semble-t-il, à mettre leurs prodigieux moyens digitaux au service de la Musique, suivant le conseil du grand Prokofiev… A vous de juger !

 

Venez découvrir les violoncellistes Alexander Buzlov et Giorgi Kharadzé (respectivement à Colmar le 12 et le 3 juillet) ou la violoniste Mayuko Kamio (le 9 juillet).

 

Coup de projecteur : Perséphone de Stravinski ou comment revisiter l'Antiquité grecque…

250px-igor_stravinsky_loc_32392u.jpgPlusieurs partitions majeures d’Igor Stravinski (1882-1971) s’inspirent de l’Antiquité grecque : Oedipus Rex, Apollon musagète ou encore Agon. Son mélodrame musical Perséphone s’inscrit à l’évidence dans la même lignée. Stravinski lui-même décrivait sa musique de Perséphone comme « la célébration d’un mystère » et parlait même du « deuxième Sacre de printemps », dans la mesure où Perséphone représente une sorte de « retour » au thème du sacrifice …

 

Plus prosaïquement, Perséphone résulte d’une commande d’Ida Rubinstein qui, début 1933, demande à Stravinski de composer la musique sur le texte symboliste de jeunesse d’André Gide datant des années 1910.

 

Il n’est pas inutile de rappeler brièvement le rôle qu’a joué Ida Rubinstein (1885-1960), actrice, danseuse et mécène russe, dans l’histoire de la musique du 20e siècle. Sous l’égide du chorégraphe Michel Fokine, Ida Rubinstein fait ses débuts en 1909 dans le de Salomé d’Oscar Wilde, se déshabillant complètement lors de la Danse des sept voiles, ce qui ne manque pas de provoquer un joli scandale. Serge Diaghilev l’engage dans les Ballets russes et elle danse à Paris le rôle-titre dans Cléopâtre. Toujours avec les Ballets russes, elle se produit, en 1910, dans Shéhérazade, et l’année suivante, dans Le Martyre de Saint Sébastien (Gabriele D’Annunzio adapte la pièce pour elle, alors que la musique est de Claude Debussy). C’est à la fois un triomphe… et un énorme scandale, l’archevêque de Paris demandant aux Catholiques de ne pas assister aux représentations, car Saint Sébastien y était représenté… par une femme, juive de surcroît !

 

La reprise de ce « mélodrame musical » de Stravinski qui évoque le mythe de Perséphone dans le cadre du 20e Festival de Colmar constitue un véritable évènement, car cette œuvre n’est que très rarement donnée en France. Quant à la question qui pourrait se poser sur les raisons de cette programmation dans le cadre d’un hommage à Rostropovitch, laissons le mot de la fin à l’intéressé : « Ma passion pour la musique de Stravinski date de la classe de composition de Chostakovitch… Je fus le premier en Union soviétique à jouer sa Suite italienne. Quand nous nous sommes enfin rencontrés, Stravinski et moi, je lui ai demandé une dédicace... J’ai joué maintes fois sa Chanson russe, au violoncelle et au piano, et j’ai fait deux transcriptions pour violoncelle de sa musique de ballet Le Baiser de la fée… C’est vraiment dommage qu’il n’ait rien composé pour le violoncelle comme je lui avais demandé… Chez Stravinski, chaque note est à sa place parfaite comme gravée dans la pierre. Il n’y en pas une de trop ! »

 

Pour la petite histoire, ajoutons que la demande de Rostropovitch qui souhaitait commander une œuvre à Stravinski n’a jamais abouti… car l’Union des compositeurs soviétiques refusaient de payer un compositeur émigré !

 

Ne ratez pas l’occasion d’entendre cette œuvre méconnue sous la baguette de l’excellent Ion Marin le 9 juillet 2008 dans l’église Saint Matthieu !

 

Et en bonus une petite vidéo de Stravinsky dirigeant Stravinsky

 

 

 

Le Quatuor Atrium en tournée en Europe

quatuor_atrium_n&b2_photo_vincent_catala.JPGFormé à Saint-Pétersbourg en 2000, l'excellent jeune Quatuor Atrium (qui a remporté, entre autres, le grand prix du Concours international des quatuors à cordes de Bordeaux en 2007) a entamé, le 18 avril, une tournée en France et en Belgique. On pourra, notamment, les entendre à à Périgueux, à Bordeaux, à Liège et à Bordeaux.
En mai prochain sortira leur disque, enregistré pour le label Zig-Zag Territoires (prix du Mécénat Musical de la Société Générale) dédié à Beethoven et Chostakovitch, compositeurs que les talentueux musiciens russes ont choisi d'interpréter à Colmar, le 8 juillet au Koïfhus, dans le cadre des "midis musicaux" du Festival. Un concert à ne pas rater !
 

Karol Beffa et sa nouvelle oeuvre en création mondiale au Festival de Colmar

k_beffa.jpgLe jeune compositeur d'origine polonaise Karol Beffa est à l'honneur de la prochaine édition du festival d'Auvers-sur-Oise, où chaque concert met à l'affiche une de ses partitions. Brillant pianiste et improvisateur, il est, à trente-cinq ans, auteur d'une cinquantaine d'oeuvres. Karol Beffa a récemment écrit pour la violoncelliste Ophélie Gaillard une courte pièce intitulée Ellipses qui sera donnée, en première mondiale, le 5 juillet 2008 lors du "midi musical" au Koïfhus.
 

Xavier Phillips, une carrière exemplaire...

X_Phillips_Couleur1.jpgLe très talentueux disciple français de Rostropovitch est à l'affiche en ce mois d'avril avec le chef d'orchestre allemand Marek Janowski, tout comme avec son compatriote Günther Herbig.
Le 12 avril prochain, Xavier Phillips jouera, avec l'Orchestre de la Suisse Romande, Tout un monde lointain de Dutilleux. 
A Seattle, il interprétera le célébrissime Concerto pour violoncelle de Dvorak, œuvre qu'il va donner au Festival de Colmar 2008 sous la direction de Ion Marin, le vendredi 11 juillet à 21h00 à l'église Saint Matthieu, (avec le National Philharmonique de Russie).
Par ailleurs, le violoncelliste se produira le 12 juillet 2008 au Koïfhus, dans le cadre des "midis musicaux" du Festival de Colmar, en compagnie de l'excellent pianiste Igor Tchetuev. Une matinée Beethoven de toute beauté !
 

Vladimir Spivakov et Alexander Ghindin à Varsovie

gindhin.jpgDepuis quelques années, le pianiste Alexander Ghindin s'est imposé comme le partenaire régulier de Vladimir Spivakov au concert comme au disque.
Le 8 avril prochain, les deux musiciens jouent ensemble à la Philharmonie de Varsovie et offrent une superbe soirée de sonates au public polonais.
N'oublions pas que par ailleurs, Alexander Ghindin se produit fréquemment sous la baguette de Vladimir Spivakov comme soliste avec l'Orchestre National Philharmonique de Russie.
A 30 ans, le musicien possède un palmarès impressionnant : lauréat du concours de la Reine Elisabeth, vainqueur du concours de Cleveland, il excelle dans tous les répertoires.
Le Festival de Colmar accueille régulièrement ce brillant représentant de l'école russe du piano depuis l'édition 2000.
En concerto ou en soirée sonates, dans Chostakovitch ou dans Beethoven, Alexandre Ghindin donne à chaque fois la mesure de son immense talent.
Le 12 juillet 2008, il jouera, dans le cadre des concerts de la musique de chambre à la Chapelle Saint Pierre, les Scènes d'enfants de Schumann et interprètera avec son jeune partenaire Alexander Buzlov, les sonates pour violoncelle et piano de Britten et de Brahms.
 

Tatiana Pavlovskaya, une diva à découvrir...

tatiana_pavlovskaya_couleurs2_utiliser.jpgArthaus Musik propose actuellement un DVD passionnant, enregistré en 2007 et dédié à la musique de Sergueï Rachmaninov. Semion Bychkov, à la tête de son orchestre de la WDR de Cologne, y dirige, notamment, la cantate Les Cloches avec, en soliste, la soprano pétersbourgeoise Tatiana Pavlovkaya. Soliste du célèbre opéra Mariinski dirigé par Valery Gergiev depuis 1995, la cantatrice russe a triomphé sur les scènes lyriques les plus prestigieuses, comme le Metropolitan Opera de New York, la Scala de Milan ou encore l’Opéra de Paris.


Elle vient pour la première fois à Colmar pour chanter, le dimanche 13 juillet (église Saint Matthieu à 21h00) quatre grands ais, extraits de l'opéra de Dmitri Chostakovitch Katerina Izmailova. Ce fut l'un des rôles fétiches de la grande soprano russe Galina Vishnevskaya, Madame Rostropovitch à la ville...
 

La musique chorale à l'affiche du 20e Festival international de Colmar !

05072007St-Matthieu9.jpgLe chant, et notamment, le chant choral, sera très présent tout au long du programme du Festival de Colmar en 2008 : pas moins de 8 concerts !

 

Le chœur de l’Académie d’art choral de Moscou avec son recteur et directeur musical, Victor Popov, participera à cinq concerts. Fondée en 1991, cette institution, unique en son genre, forme les choristes et les solistes lyriques du plus haut niveau. L’Académie comprend plusieurs formations chorales qui se produisent avec succès en Russie et à l’étranger. Régulièrement invité au Festival de Colmar depuis 1998, le chœur mixte de l’Académie excelle dans tous les répertoires et reçoit à chaque fois un accueil enthousiaste et unanime de la critique et du public. La grande presse internationale, comme le Frankfurter Allgemeine, salue l’impressionnante virtuosité des chanteurs russes.

 

L’Académie d’art choral de Moscou propose notamment la version intégrale de la liturgie des Vêpres de Sergueï Rachmaninov, l’un des sommets incontestables de la musique sacrée russe orthodoxe, composé en 1914. Ce concert aura lieu le dimanche 6 juillet à 17h00 à l’église Saint Matthieu. Prix des places de 10 à 29 Euros (selon la catégorie ; réduction de 50% pour les jeunes de moins de 25 ans pour les places de deuxième et troisième catégorie).

 

Les chanteurs russes donneront également un passionnant programme a capella le lundi 7 juillet à 18h15 dans la Chapelle Saint Pierre : les très rares chœurs des compositeurs méconnus en France comme Sviridov ou Dmitriev y côtoient les célèbres chants populaires.

  Lire la suite...
 

Pavel Sporcl, un violon pour la paix...

Pavel_ Sporcl _photo Ondrey Pycha.JPGLa deuxième édition du festival "Les violons de la paix en Boulonnais" se déroulera du 18 au 21 avril à Boulogne-sur-Mer, ainsi que dans les communes du Boulonnais.
Aux côtés de Nemanja Radulovic, Laurent Korcia ou encore du Quatuor Modigliani (que le Festival de Colmar a déjà accueillis par le passé), se produira l'excellent Pavel Sporcl considéré à l'heure actuelle comme le meilleur violoniste tchèque.
Pavel Sporcl proposera un récital de pièces pour violon seul (le 20 avril), ainsi qu'un alléchant programme, intitulé "Le tour du monde d'un violon" en compagnie de son partenaire et complice, le pianiste Petr Jirikovsky.
 

Le prodige du violon tchèque jouera au Festival de Colmar le 4 juillet 2008 dans le cadre de nos "midis musicaux" aux côtés de Petr Jirikovsky et du violoncelliste Gavriel Lipkind (au programme : les Quatre Pièces pour violon et piano de Josef Suk, ainsi que le Trio "à l'Archiduc" de Beethoven).

La presse, unanime, salue l’imagination et la musicalité du jeu de Pavel Sporcl, formé à Prague et à la célèbre Juilliard School de New York.

 

Mayuko Kamio dans la cour des "grands"

mayuko_kamio_couleurs.jpgCouverte de prix et de récompenses, ancienne élève du légendaire Zachar Bron (qui a formé, entre autres, Vadim Repin et Maxim Vengerov), la très talentueuse violoniste japonaise Mayuko Kamio vient de signer un contrat avec SONY-BMG.
Le premier disque de cette musicienne de 22 ans va paraître en automne 2008. Mayuko Kamio, qui compte à son palmarès les Violin Masters de Monte Carlo en 2005 et une éclatante victoire au dernier Concours Tchaïkovski de Moscou en 2007,
enregistrera les œuvres de Tchaïkovski, Stravinski et Szymanowski.
Acclamée au Festival de Colmar en 2005, elle revient  cette année dans un magnifique programme de sonates aux côtés du pianiste Vadim Gladkov
(mercredi 9 juillet à 18h15, Chapelle Saint Pierre).
 

Gary Hoffman et "Tout un monde lointain"...

gary_hoffman_photo_Hery_Fair.JPGLe jeudi 3 avril, Gary Hoffman joue salle Pleyel l'un des chefs-d'oeuvre absolus du répertoire pour violoncelle du 20e siècle, le sublime concerto Tout un monde lointain, écrit par Henri Dutilleux pour Mstislav Rostropovitch.
Grand prix du concours Rostropovitch à Paris en 1986, le violoncelliste américain choisit ainsi l'une des plus emblématiques partitions dédiées à son illustre aîné.
Ceux qui se souviennent de l'exploit accompli par Gary Hoffman au Festival de Colmar 1997, où il a joué dans la même soirée le Concerto pour violoncelle de Dvorak, ainsi que le Double concerto de Brahms, seront ravis de pouvoir entendre ce remarquable musicien dans le Premier concerto pour violoncelle de Saint-Saëns (le mercredi 9 juillet à 21h00 à l'église Saint Matthieu Gary Hoffman sera le soliste du National Philharmonique de Russie placé sous la direction inspirée de Ion Marin).
 

Les splendeurs de la liturgie russe – Les Vêpres de Rachmaninov

academie-art-choral-et-v.jpgA la différence de l’Europe occidentale, la Russie convertie très tardivement, développe une culture qui doit presque tout au christianisme : l’église orthodoxe devient la « gardienne » de l’âme nationale, alors que civilisation et religion deviennent indissociables ! Nourri de la spiritualité byzantine, le rite orthodoxe s’inspire entièrement de l’église d’Orient. La liturgie orthodoxe utilisant toujours la langue du pays, les moines Cyrille et Méthode vont traduire les Ecritures, donnant ainsi aux Slaves une langue écrite, le slavon, qui reste encore aujourd’hui la langue de l’église en Russie.

 

Les chants liturgiques russes, toujours interprétés a capella, constituent l’unique répertoire sacré qui ne comprend aucune musique instrumentale. Le chant ne doit s’embarrasser d’aucun accompagnement, afin de permettre à ces « paroles douées de puissance spirituelle » de s’élever vers le Seigneur sans entraves.

 

A la différence des rites occidentaux, le rite orthodoxe se déroule donc exclusivement sur la base du chant et le rôle du chœur s’avère primordial. La musique d’église finit, même en Russie, par « déborder » le cadre de l’office liturgique au profit de la salle de concert. La création des Vêpres de Rachmaninov, l’un des sommets incontestables de la musique sacrée russe, a lieu, en 1915, en concert et non dans une église !

 

rachmaninov.jpgEn fait, l’extrême complexité de ce chef-d’œuvre d’art choral en rend l’exécution difficile, voire impossible, par les fidèles d’une paroisse. Ainsi, les Vêpres de Rachmaninov sont le plus souvent données en concert … et par des chœurs professionnels. L’hymne Mère de Dieu qui fait partie de ces Vêpres - écrites en pleine Première Guerre mondiale - se révèle curieusement porteur d’un message « politique » : « Mère de Dieu, prends sous ta protection les armées chrétiennes et le Royaume de Russie (sic !) et par ton intercession auprès du Christ ton fils donne-nous la victoire sur l’ennemi… ».

 

Grand admirateur des Vêpres, Mstislav Rostropovitch a gravé, en 1987, une passionnante version l’opus 37 de Rachmaninov, à la tête de la Choral Art Society de Washington. C’est le chœur de l’Académie d’art choral de Moscou, en résidence à Colmar pour pas moins de cinq concerts en 2008, qui interprétera ce chef-d’œuvre de Rachmaninov le dimanche 6 juillet à 17h00 à l’église Saint Matthieu.

 

Connaissez-vous l'arpeggione ?

arpeggione-gross.jpgEn 1823, le luthier viennois Johann Georg Stauffer (1778-1853) construit un arpeggione, instrument à six cordes, doté de frettes métalliques et accordé comme une guitare, mais joué avec un archet, à la manière d’une viole de gambe ou d’un violoncelle. A l’époque, on appelle cette invention « guitare à l’archet » ou encore « guitare d’amour ». En ce début du 19e siècle, la guitare connait un succès grandissant car, de prix relativement modique et d’apprentissage plus facile que le violoncelle ou le violon, elle convient parfaitement à la pratique musicale des amateurs qui se réunissent à la maison pour faire de la musique de chambre entre amis…

 

Le succès de ce curieux hybride « guitare-violoncelle » fut de très courte durée, malgré l’engouement pour l’arpeggione de Vincent Schuster, excellent musicien et ami de Schubert. Schuster, qui publie même une méthode pour promouvoir l’arpeggione, incite Schubert à composer une œuvre pour cet instrument accompagné au clavier. Il existe de nos jours d’innombrables versions de cette célèbre page de Schubert : le plus souvent, elle est jouée au violoncelle, mais il existe des adaptations à l’alto, à la guitare ou même à la contrebasse. Schubert n’a composé aucune œuvre destinée, dès l’origine, au violoncelle. Et l’salque.jpgengouement, certes éphémère, pour l’arpeggione de son ami guitariste a donc permis d’enrichir le répertoire des violoncellistes d’une pièce maîtresse !

 

François Salque, l’un des plus brillants représentants de l’école française de violoncelle, nous proposera sa vision de la Sonate Arpeggione de Schubert dans une transcription pour violoncelle solo et orchestre à cordes, due à l’altiste et compositeur Vladimir Mendelssohn que l’on a d’ailleurs pu applaudir au Festival de Colmar en 2003. Une magnifique soirée « tout Schubert » en perspective le 4 juillet à 21h00 à l’église Saint Matthieu avec les « Virtuoses de Moscou » dirigés par Vladimir Spivakov et avec, au programme, la Cinquième symphonie et la version orchestrale du célèbre quatuor à cordes La jeune fille et la mort (due, quant à elle, au grand Gustav Mahler).

 

Dernière minute : Vanessa Wagner attend un heureux évènement

vanessa_wagner_par Caroline_Doutres_a utiliser.JPGVanessa Wagner attend un heureux évènement pour le début de l’été 2008 et sera remplacée par la pianiste Edna Stern que le public du Festival de Colmar a pu apprécier en 2006 et en 2007.

 

Toutes nos félicitations à Vanessa Wagner dont la famille va bientôt s’agrandir !

 

Edna Stern, qui a déjà joué avec Ophélie Gaillard aux « Musicales » de Meaux en février 2008, où le duo a d’ailleurs remporté un vif succès, participera donc au concert du 5 juillet 2008, donné dans le cadre des « midis musicaux » du Festival (le programme du concert reste inchangé).

 stern.jpg« Le jeu d’Edna Stern porte la marque des trois grands pianistes qui l’ont façonnée et dont elle a su réaliser une étonnante synthèse, écrit la revue Diapason, le panache de Martha Argerich, la musicalité de Leon Fleisher et l’impeccable finition de Krystian Zimerman. »                                              « Une interprétation empreint d’une réelle sensibilité », « une musicienne dotée d’une stupéfiante palette de couleurs », « une rare curiosité musicale et intellectuelle » : ce sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent quand on évoque cette jeune pianiste. Son répertoire s’étend de J.S.Bach à Berio, qu’elle joue aussi bien sur instruments d’époque que modernes.
 

Ophélie Gaillard, le violoncelle passion

ophelie_gaillard.jpgL'actualité de la violoncelliste Ophélie Gaillard est particulièrement dense en ce début de printemps :
- la chaîne Mezzo retransmet le vendredi 21 mars son concert avec le pianiste Bruno Fontaine consacré aux oeuvres de Gabriel Fauré
- après une tournée au Proche-Orient début mars, Ophélie Gaillard jouera les Suites de Bach à l'Abbaye de Talloires
- le jeudi 3 avril, dans le cadre de Musicora à Paris,
la violoncelliste propose avec l'ensemble Pulcinella qu'elle a fondé, un programme"Boccherini à Madrid".
Pour sa première venue au Festival de Colmar, Ophélie Gaillard va notamment interprèter- en création mondiale - une nouvelle oeuvre de Karol Beffa, composée à son intention (le samedi 5 juillet à 12h30).
 

Tatiana Vassilieva en récital Salle Gaveau à Paris

tatiana_vassilieva_nb.jpgLa très talentueuse violoncelliste russe, grand prix du Concours Rostropovitch en 2001, "révélation instrumentale" de l'année 2003, propose le 14 mars prochain salle Gaveau, un magnifique programme qui va de la Suite n° 5 de Bach à la Première sonate de Schnittke.
Après ses remarquables prestations aux festivals 2003 et 2004, Tatiana Vassilieva revient à Colmar pour deux concerts :
elle donnera un récital pour violoncelle seul dans le cadre des "Midis musicaux", le 10 juillet à 12.30. Bach et Dutilleux seront à l'honneur.
Elle jouera notamment le Trois strophes sur le nom de Paul Sacher qu'Henri Dutilleux a dédiées à Mstislav Rostropovitch.
Sous la baguette de Ion Marin, elle interprètera le célèbre Double concerto de Brahms le samedi 12 juillet à 21h. à l'église Saint Matthieu, aux côtés de Vladimir Spivakov au violon.
 

Giorgi Kharadze, l'étoffe d'un grand...

giorgi_kharadze_photo_fabrice_vallon_.jpgEn mars 2008, le jeune violoncelliste Giorgi Kharadze s'est vu décerné le très prestigieux le Beethoven Ring Prize
attribué par le Beethoven Festival de Bonn et dont les précédents lauréats ont été les violonistes Julia Fischer et Lisa Batiashvili, ainsi que le chef d'orchestre Gustavo Dudamel.
Depuis le concours Rostropovitch en 2005 et le premier prix du concours Emmanuel Feuermann à Berlin en 2006, Giorgi Kharadze confirme qu'il compte désormais parmi les "valeurs sûres" du violoncelle de demain.
Le Festival de Colmar se réjouit de l'accueillir le jeudi 3 juillet 2008 dans le Deuxième concerto de Haydn sous la baguette de Vladimir Spivakov (église Saint Matthieu à 21h.)

 

Gautier Capuçon au Théâtre des Champs Elysées

g.capucon5m.tammaro_virgin_classics.jpgLe lundi 10 mars, le Théâtre des Champs Elysées à Paris propose un programme de musique de chambre entièrement dédié à Franz Schubert avec ses deux chefs-d'oeuvre absolus, les Trios avec piano opus 99 & opus 100.
Le jeune violoncelliste Gautier Capuçon revient sur le prestigieuse scène parisienne en compagnie de son frère Renaud, au violon, et de Frank Braley au piano.
Après les Trios de Brahms, les musiciens complices sont à nouveau réunis...
Pour sa première venue au Festival de Colmar, Gautier Capuçon aura le redoutable privilège d'ouvrir, le 2 juillet, à l'église Saint Matthieu, la 20ème édition dédiée à Mstislav Rostropovitch.
On entendra Gautier Capuçon dans le Premier concerto en ut majeur de Haydn, partition que l'illustre violoncelliste russe à jouée à Colmar le 10 juillet 1996...
On pourra également apprécier les talents de chambriste de Gautier Capuçon lors du concert de musique de chambre (Prokofiev-Chostakovitch), aux côtés de la pianiste Hélène Mercier et de Valdimir Spivakov au violon (le jeudi 3 juillet à 18.15 à la Chapelle Saint Pierre).
 

CONCERT IN MEMORIAM ROSTROPOVITCH le samedi 8 mars à Paris

irina_schnittke2.jpgL'association internationale Dmitri Chostakovitch, en préambule au 20ème Festival international de Colmar, rendra un hommage à Mstislav Rostropovitch, dans un programme original et inédit intitulé "In Memoriam Rostropovitch", qui s'articule autour de la musique russe du 20e siècle pour violoncelle et piano.

On pourra entendre les plus grands compositeurs russes de notre temps qui furent par ailleurs des amis proches de l'illustre violoncelliste.

Le concert aura lieu le samedi 8 mars à 19h30 salle Cortot à Paris.ivashkin_alexander_photo3.jpg

Alexander Ivashkin et Irina Schnittke joueront la Sonate en ut majeur de Prokofiev, le Moderato pour violoncelle et piano, ainsi que la Sonate en ré mineur de Chostakovitch, ainsi que la Deuxième sonate de Schnittke et son Epilogue de « Peer Gynt » pour violoncelle, piano et bande magnétique composé en 1993 et dédié à M. Rostropovitch.
Le concert se terminera par une oeuvre composée par Rostropovitch lui-même, son Humoresque pour violoncelle et piano opus 2.
Irina Schnittke, la veuve du compositeur, et Alexander Ivashkin qui est l'un des rares violoncellistes dédicataire d'oeuvres de Schnittke, seront au Festival de Colmar le vendredi 11 juillet 2008 au Koïfhus, à 12h30, dans le cadre des "midis musicaux" du Festival avec un superbe programme Bach-Schnittke.

 

Le Quatuor à cordes Atrium, la relève est prête !

quatuor_atrium_n&b (vincent catala).JPGVainqueur de plusieurs concours internationaux de renom, dont le Concours international des quatuors à cordes de Bordeaux en 2007, le Quatuor Atrium, fondé en 2000 à Saint-Pétersbourg, reprend le flambeau des grandes formations russes comme les Borodine ou les Chostakovitch.
A partir du 1er mars, les Atrium sont en Grande Bretagne, où ils donneront pas moins de dix concerts.
S'ils excellent dans le répertoire chambriste russe et les oeuvres du 20e siècle (notamment dans Chostakovitch), ils n'oublient pas pour autant  leurs "classiques": Mozart, Haydn, Brahms et Beethoven.
Au Festival de Colmar, le mardi 8 juillet à 12.30 au Koïfhus, le Quatuor Atrium nous offrira dans le cadre des "Midis musicaux" une passionnante confrontation Beethoven-Chostakovitch.
 

Giorgi Kharadze, l'étoile montante du violoncelle

giorgi_kharadze_photo_fabrice_vallon.JPGAvant de partir pour une grande tournée en Allemagne, le jeune violoncelliste  d'origine géorgienne, lauréat du Concours Rostropovitch en 2005
et vainqueur du Concours Emanuel Feuermann à Berlin en 2006,  joue ce mardi 26 février à Rouen un programme Bach-Schubert-Chopin avec le pianiste Julien Cernay. Giorgi Kharadze sera le soliste du Deuxième concerto de Haydn le 3 juillet 2008 à l'église Saint Matthieu sous la baguette de Vladimir Spivakov. "Découvreur" de talents depuis sa création, le Festival de Colmar se réjouit d'accueillir ce talentueux violoncelliste de vingt-trois ans !
 

Londres commémore Mstislav Rostropovitch

irina_schnittke2.jpgLe jeudi 21 février commence à Londres une série de concerts "Mstislav Rostropovitch in memoriam" qui mènera le violoncelliste Alexander Ivashkin et la pianiste Irina Schnittke de la Grande Bretagne en Russie en passant par la France.
Au programme de cette tournée exceptionnelle figurent les œuvres composées  par Sergueï Prokofiev, Dmitri Chostakovitch et Alfred Schnittke à l'intention du légendaire violoncelliste russe.
Alexandre Ivashkin et Irina Schnittke joueront au Festival de Colmar dans le cadre de l'hommage à Mstislav Rostropovitch le 11 juillet 2008 à 12h30 au Koïfhus. Une occasion rare d'entendre ce magnifique duo!
 

Page 14 sur 17

Aller au haut