Biographie de Claudio Abbado

Cinq ans après sa disparition, le grand chef d’orchestre italien Claudio Abbado n’en finit pas de continuer à inspirer les jeunes générations de musiciens. Le 31e Festival international de Musique de Colmar rend hommage à cette figure majeure de la musique de ce dernier demi-siècle.

Esprit encyclopédique, musicien ouvert à tous les styles, toutes les esthétiques, prenant autant de plaisir au répertoire symphonique qu’à l’opéra, il fut aussi ce que l’on appellerait un « sage » de la musique : Claudio Abbado a gardé de son grand-père maternel, qui enseignait l’histoire antique à l’Université de Palerme, le goût de la culture et une curiosité pour toutes les choses de ce monde, présentes ou passées, celles qui nous forment, qui nous nourrissent, et donnent finalement un sens à notre existence.

Né dans une famille de musiciens – son père est violoniste et enseigne au Conservatoire de Milan, sa mère est pianiste, et son frère ainé, Marcello, est déjà au piano (il finira directeur du Conservatoire de Milan) –, Claudio a son premier véritable choc musical à l’âge de 7 ans. C’est justement son frère qui l’emmène assister à un concert symphonique à la Scala. Quand il entend Fêtes de Debussy, l’enfant est subjugué. Lui aussi, se dit-il, il fera « ça », quand il sera grand. La Guerre sera une terrible épreuve pour cette famille foncièrement antifasciste, sa mère se faisant torturer pour avoir aidé à cacher une famille juive. Il gardera de cette période un très grand sens de sa mission pédagogique. Car le musicien se doit avant tout d’être un passeur, et pas uniquement un passeur de beauté, mais aussi de valeurs humaines qui dépassent les frontières étatiques, les sociétés. Ne dit-on pas que la musique est un langage universel ?

L’image tutélaire de Furtwängler, qu’il a la chance de voir en concert, finit de le décider : lui aussi sera chef d’orchestre. Il admire chez ce grand chef allemand l’engagement personnel, humain, l’enthousiasme communicatif, la prise de risque maximale, ce refus due la routine et de la zone de confort où trop de ses collègues se complaisent.

C’est à Vienne, la capitale de la musique, qu’il va parfaire sa formation dès 1955. Là encore, c’est l’esprit de partage qui le caractérise : loin de se contenter de travailler uniquement l’art de la direction d’orchestre, il prend des cours de piano auprès de Friedrich Gulda, participe en tant que choriste à de nombreux concerts de l’Orchestre philharmonique de Vienne, ce qui lui permet de découvrir « de l’intérieur » la direction d’orchestre sous la baguette des plus grands de l’époque : Scherchen, Krips, Walter, Karajan…

En 1958, il remporte le Concours Koussevitszky (devant Zubin Mehta, avec qui il se lie d’amitié), ce qui lui ouvre toutes les portes, dont celles de la Scala, où il débute en 1960, à l’occasion du tricentenaire de Scarlatti. Bernstein est tellement séduit par ce jeune homme qu’il décide d’en faire son assistant à l’Orchestre de New York (1963). Puis c’est Karajan qui s’intéresse à lui, et l’invite au Festival de Salzbourg… Ultime consécration : il devient en 1967 artiste exclusif chez Decca, puis Deutsche Grammophon.

L’année d’après, commence l’une des grandes étapes de sa vie : La Scala le nomme en effet Chef Principal, avant d’en faire son directeur musical. Il restera à ce poste jusqu’en 1986. Durant cette vingtaine d’années, Claudio Abbado révolutionne ce temple de l’art lyrique comme, Mahler l’avait fait, quelques décennies plus tôt, de l’Opéra de Vienne : il ouvre le répertoire à des compositeurs jamais joués à la Scala jusqu’alors, dont des compositeurs du XXe siècle, il fait appel à des metteurs en scène qui offrent au public des lectures totalement renouvelées des chefs-d’œuvre restés longtemps empoussiérés, et développe une politique pédagogique qui servira de modèle bien d’autres institutions par la suite. Soucieux d’ouvrir la musique aux classes les plus défavorisées, il propose des concerts dans les écoles, les lycées, les universités, dans les usines aussi…

C’est dans cette optique qu’il crée en 1978 l’Orchestre des Jeunes de l’Union européenne, censé promouvoir les échanges interculturels et abaisser les frontières que la Guerre Froide se plaît encore à lever entre les peuples. Il créera également par la suite une seconde structure, l’orchestre des Jeunes Gustav Mahler, qui œuvrera dans la même direction.

Directeur musical de l’Opéra de Vienne après avoir quitté la Scala, il refait avec la capitale autrichienne ce qu’il avait si bien réussi à Milan, et crée par exemple le festival Wien Modern, afin de retrouver le goût de la création qui avait un peu déserté le temple musical viennois. Pour couronner cette carrière aux sommets, c’est l’Orchestre philharmonique de Berlin qui l’invite à prendre la suite de Karajan, lorsque celui-ci décède en 1989 (il lui avait succédé comme directeur musical du Festival de Pâques de Salzbourg en 1994).

Malgré une période difficile au début des années 2000, où il doit renoncer à ses fonctions pour soigner un cancer de l’estomac, il retrouve assez de forces sitôt 2003 pour ressusciter le prestigieux Orchestre de Lucerne, laissé pour mort au début des années 1990…

Sa très vaste discographie et DVDgraphie permet à son immense legs musical de perdurer et de nourrir l’imaginaire des jeunes générations.

A PROPOS DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE COLMAR

Direction artistique : Vladimir Spivakov

Chaque année, le choix d’un thème porteur assure au Festival un concept pérenne. Ainsi l’hommage annuel rendu à un grand musicien devient le fil conducteur, permet d’aborder tous les répertoires et ouvre de nouveaux horizons : hommage à un instrument, à un pays, à une culture… Cette approche confère à l’ensemble de la programmation musicale une unité et une cohérence artistique qui lui permet d’accueillir les plus grands musiciens de la scène classique actuelle et un public fidèle.

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